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Camélia Jordana : du Brio à Curiosa, portrait d’une jeune actrice courtisée

A l’affiche cette semaine de “Curiosa”, la révélation féminine sacrée pour le “Brio” enchaîne les films et les succès. L’occasion d’une interview-portrait.

“Je trépigne d’impatience pour Curiosa, car je pense que ce film va être très beau…”, nous confiait-elle le 21 août 2018 à Angoulême, alors qu’on la rencontrait en tant que membre du jury du Festival Francophone.  A l’affiche cette semaine du fameux drame historique signé Lou Jeunet, Camélia Jordana impose une nouvelle fois ses talents d’actrice éclectique et très sollicitée. Portrait.

AlloCiné : Comment tout a commencé ?

Camélia Jordana : Au moment où j’ai commencé à faire de la musique de manière professionnelle, j’ai dit à mon manager que je ne pensais pas que les rêves pouvaient se réaliser, mais que, comme apparemment c’était le cas, j’en avais un autre sur la liste : je souhaitais être comédienne. Je lui ai demandé “comment on fait pour jouer dans des films?”. Il m’a répondu qu’il fallait que j’aie un agent et que je passe des castings. J’ai rencontré Laurent Grégoire l’un des associés de mon agence, puis j’ai travaillé avec Elise Fécamp, qui est aujourd’hui mon agent. J’ai fait plusieurs castings, j’ai eu des “non” et j’ai fini par avoir des “oui”.

Quel est votre premier souvenir marquant de spectatrice ?

Le tout premier, c’était Le Roi Lion. J’étais allée au cinéma, j’avais 4 ans. J’ai tellement pleuré ! J’ai demandé à mes parents de retourner le voir à la séance qui suivait ! 

Cela fait quoi de se voir à l’écran la première fois?

C’est horrible ! La première fois c’était très douloureux pour moi, très très. C’était pour La Stratégie de la poussette, dans laquelle je joue une jeune mère de 19 ans. C’est la première fois que j’avais mes cheveux frisés. Aujourd’hui je les porte sans problème mais à l’époque, c’était une grande première. J’ai vu ça sur un très grand écran, il n’y avait que ma tête et vraiment c’était hyper violent. Cela l’a été de moins en moins par la suite. Puis le travail au rapport de comédienne évolue et le lien que j’ai à mon travail est différent aujourd’hui. J’arrive davantage à regarder mon travail, mon personnage, que ce à quoi je ressemble.

Depuis le César, je reçois plus de scénario pour des rôles de femmes qui ne sont pas que des femmes arabes

Avoir un César, cela change quoi?

J’ai eu plus de propositions déjà depuis le tournage du Brio. Mais la différence que je note depuis le César du Meilleur Espoir féminin et qui est très agréable, c’est que je reçois plus de scénario pour des rôles de femmes qui ne sont pas que des femmes arabes. Ce qui me permet de lire des choses très très différentes.

Avez-vous des amis comédiens de votre génération?

Oui, quelques-uns. Il y a Adèle Exarchopoulos que j’aime très fort. Lyna Khoudri qui est un vrai bijou. Stéphane Bak évidemment. Karidja Touré, Rod Paradot, Joséphine Japy, Samy Séghir. On a des copains en commun qui font qu’on se croise. Puis il y a des coups de coeur.

Y-a-t-il des comédiens d’autres générations qui vous inspirent ?

Golshifteh Farahani m’inspire beaucoup. Elle a un parcours vraiment rare, je la trouve sublime, très forte, elle fait des films importants, c’est une comédienne formidable. Je la trouve surtout très courageuse car au nom de sa liberté de femme, elle a fuit l’Iran, son pays d’origine. C’est beau. Sinon j’ai une grande grande admiration pour ce qu’a été Romy Schneider. Je rêve de jouer une grande amoureuse et elle l’a été pour moi au cinéma. Fanny Ardant aussi l’est d’ailleurs.

Généralement si j’ai un rôle je fais comme un dépouillement musical par séquence…

Est-ce qu’une musique peut vous inspirer dans votre travail?

Oui beaucoup ! Je travaille beaucoup en musique. Cela dépend des personnages bien sûr, mais généralement si j’ai un rôle je fais comme un dépouillement musical par séquence. Quel mood, ce que cela m’inspire, une référence, une idée, une couleur, une odeur et il y aura forcément de la musique. Pour Le Brio, lorsqu’elle court à l’école pour arriver en retard, j’avais écouté Banm Kalou Banm de Danyèl Waro qui est un grand chanteur de maloya, musique traditionnelle réunionnaise.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné?

Le meilleur est celui-ci : “On est légitime de faire les choses à partir du moment où on a du désir pour celles-ci”. Je pense qu’il est important pour n’importe qui, toutes générations confondues. Il m’a été donné par une musicienne, une grande amie Raphaële Lannadère, dont le nom de scène est L. Je devais avoir 18 ans.

Après mon album, j’ai un scénario au programme

Passer derrière la caméra pour un long métrage, est-ce une tentation?

C’est au programme ! J’ai une idée de scénario et plus, je peux juste vous dire qu’il parlera des femmes… Mais je suis encore concentrée là sur mon album Lost et ensuite je vais pouvoir avancer sur ce projet. C’est aussi la différence entre le travail de musicienne et de comédienne. En tant que comédienne, cela prend quelques mois, puis un an après quelques semaines de promotion et c’est fini. Un album, je suis la capitaine à bord et du coup cela prend des années. Il y a la sortie puis la tournée, la promo. C’est formidable mais cela prend beaucoup plus de temps.

Propos recueillis par Laetitia Ratane.

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